INDIA 2

De Goa à Chennai

 

 

Nous quittons la province de Goa pour l’état du Karnakata et Hampi, site naturel classé à l’Unesco. La région d’Hampi s’étend à perte de vue ; des kilomètres de rizières chlorophylles et de cultures de bananiers s’étendent dans un paysage de roches océaniques rouges, ocres et grises ainsi que de pierres volcaniques noires formant de véritables barrières naturelles et séparant les plaines, les villages et les sites archéologiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des rochers en équilibre les uns sur les autres et poussant comme d’énormes monolythes au milieu des rizières donnent à ce paysage grandiose et insolite des allures de conte fantastique. Le calme qui y règne et la douceur de ce paysage tout en rondeur nous promettent quelques belles journées empreintes de sérénité. Tôt le matin de drôles de navigations affluent sur la rivière ; de grands paniers tressés  en bambou recouverts d’un revêtement extérieur en goudron glissent doucement sur la rivière,  transportant les hommes et les femmes qui se rendent au champs d’un côté à l’autre des berges. Les « paniers flottants » avancent sur l’eau plane à petits coups de pagaie solitaire, embarcations poétiques et silencieuses dans la lumière veloutée de l’aube.

 

 

Le travail commence tôt et les rizières se teintent de tâches pourpres, rose éclatant, jaune safran, violettes et bleues, petites tâches mouvantes et courbées au travail. Le coq s’égosille, les bœufs tirent les charrettes sur les routes sinueuses et défoncées, les ménagères nettoient les devantures de leurs maisonnettes à coups énergiques de  minis-balais, courbées en deux, les gamins crient et courent au milieu des poules, des biquettes et des chiens errants, les hommes solitaires et les femmes accompagnées de bambins longent la route avec leurs jolis « brôs » de couleurs vives, en route pour les brousailles leur permettant de se soulager et se laver,  les vieux se retrouvent au café au sol en terre battue, les échoppes s’agitent,  la Vie est là, si pleine de sens qu’elle nous étourdit et nous entraîne.

 

 

Hampi est situé dans l’enceinte de l’ancien royaume de Vijayanâgara.  Autrefois la capitale d’un des plus grands empires hindous la ville de Vijayanâgara était entourée de sept enceintes fortifiées et couvrait une superficie de 43 km². Certains remparts sont encore visibles et nous permettent d’imaginer les gardes à cheval parcourant les kilomètres d’un fort à l’autre sur les sommets de ces grandes barrières de rocher, scrutant l’horizon et les éventuels envahisseurs.

 

 

La cité extrêmement riche, comptait probablement un demi-million d’habitants et l’ensemble de bâtiments, temples, etc. laissés en témoignage de cette époque lointaine est remarquable. Nous visitons la cité royale, ses bains, ses étables pour éléphants, ses temples, ses anciens réservoirs, ses anciens marchés, etc. ainsi qu’une quantité de temples égrainés dans ce décor grandiose dont nous avons oublié les noms mais non la beauté. Nous gravissons quelques 400 marches et des poussières menant au Temple ( ?) pour admirer le coucher de soleil dans ce décor insolite et faisons la connaissance de hordes de singes intrépides et malicieux.

 

 

Durant la montée une femme s’écroule devant nos yeux. Les gens commencent à prier, miment de grandes arabesques au-dessus de son corps allongé, psalmodient et enfin lui jettent quelques gouttes d’eau fraiche. Nous la croyons morte et sommes bien ébranlés. Après quelques instants la femme s’anime, le groupe avec lequel elle voyage l’aide à se relever et c’est le teint livide, les yeux cernés qu’elle continue la laborieuse montée, tantôt soutenue par une femme puis deux ou trois, un homme chantant devant elle, invoquant les dieux. On nous explique qu’en Inde certaines personnes pensent que lorsqu’un individu perd  ainsi connaissance c’est le signe qu’il est investit d’un esprit, en contact avec le cosmique, en relation avec les dieux.  Nous, nous nous demandons si elle arrivera au sommet verticalement ou les pieds devant et aurions surtout envie d’appeler une ambulance…qui n’arriverait pas.

 

 

Après 3 jours de bivouac sur le parking du Mowgli Hôtel où nous retrouvons Stéphanie, Rodrigo et un de leur ami, dans un cadre de rêve, nous reprenons la route pour Mysore au sud du Karnakata, à quelques 400 kilomètres de là ; kilomètres qui nous vaudront 11 heures de route, une énorme frayeur et un rétro en moins ayant évité le frontal de peu…

 

 

Le magnifique Palais de Mysore fut construit en 1912 sur les vestiges d’un ancien palais détruit par un incendie une quinzaine d’années plus tôt.  L’extérieur du Palais est grandiose de même que  l’intérieur où les pièces s’enchaînent et ne se ressemblent pas, mettant en exergue toute la beauté de l’art indien. Nous adorons les peintures splendides alliant technique et ingéniosité et qui laissent le visiteur ébahis devant ces regards qui le suivent et ces objets  qui changent d’angle pour être toujours face à lui, où qu’il se trouve. Les portes en argent massif se succèdent aux portes de bois sculpté, les mosaïques et les colonnes travaillées habillent les pièces décorées de mobiliers incrustés de pierres précieuses dont la pièce maîtresse n’est rien de moins qu’un trône en or incrusté de diamants. Lors de la grande fête d’automne de Mysore, appelée Dusshera, au cours de laquelle défilent des parades d’éléphants, de chameaux et autres animaux, le maharaja local qui habite encore aujourd’hui une partie du palais, reçoit ses invités dans la pièce du trône.
Chaque samedi et dimanche soir, de 19h à 20h, le palais de Mysore s’illumine grâce à des dizaines de milliers d’ampoules. Malheureusement nous sommes vendredi et demain le parc de Nagarhole nous attend.

 

 

Nous partons en safari et avons la chance de voir des éléphants et leurs petits, des buffles, des cochons sauvages, toute sorte de daims dont le Sambadeer, des loutres, des blaireaux, des mangoustes, des oiseaux magnifiques tel le king-fisher et ses ailes bleues pétantes ainsi qu’un léopard couché sur sa branche. La réserve s’étend sur des centaines de kilomètres et la route qui la traverse rejoint le nord du Kerala.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous empruntons cette belle route puis, longeons la côte jusqu’à Cochin, descendons jusqu’à Allepy et allons passer une nuit sur les backwatter.

 

 

Notre constat est mitigé ; l’endroit est magnifique et typique mais la pollution environnementale est telle qu’elle gâche le tableau. Le matin au réveil, nous retrouvons nos canettes dans l’eau, jetées par l’équipage. Si nous l’avions su nous les aurions cachées dans nos sacs.  Le Kerala est une province montagneuse et verte. Les paysages sont magnifiques et si les kilomètres de routes sinueuses serpentant entre les montagnes s’avalent lentement, le décor en vaut largement la peine.

 

 

Nous nous dirigeons vers Munnar et ses plantations de thé, via la réserve du Peyriar. Nous y passons 3 jours et faisons de beaux trekkings dans la jungle sans croiser âme qui vive, mais la végétation à elle seule mérite l’effort. La réserve de Peyriar s’étend sur 777km2 et compte un millier d’éléphants, quelques tigres et plus de 320 espèces d’oiseaux répertoriées. Nous verrons des buffles, des sambadeers et des cochons sauvages, des loutres et une multitude d’oiseaux lors d’une excursion sur le lac, quand aux éléphants, ils reviendront d’ici la fin du mois d’avril, lorsque la terre asséchée des berges se fissurera et laissera apparaître de fraiches pousses d’herbe tendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit dessert avant l’heure.

Bon, j’entends déjà les mauvaises langues, mais sachez que j’ai dû me battre pour mettre c’te photo! Moi je l’aime, trop jolie, très artistique, un brin surréaliste et un peu sexy…Non?…Bon, un peu je ne sais quoi alors! Donc, pas de commentaires de mauvais goût où je vais me faire scalper ;O)

 

 

La route pour rejoindre Munnar nous fait traverser de belles plantations de thé à flanc de montagne, surplombant de grands lacs naturels. L’environnement est grandiose. Les plantations s’alignent, superbement taillées et entretenues sur des kilomètres de coteaux vertigineux, entrecoupées de-ci de-là par des morceaux de jungle récalcitrante, les villages des cueilleurs de thé et  leur cahute en bambou, leur potager ainsi que leur jardin fleuris qui contrastent avec le vert tendre et vert émeraude des arbustes.

 

 

Nous observons les femmes qui travaillent et récoltent les feuilles supérieures au moyen d’un énorme sécateur muni d’une sorte de palette en métal pour recueillir les feuilles avant de les déverser dans leur grand sac en mailles qu’elles transportent sur leur dos ou sur leur tête. Une femme peut récolter entre 20 à 25 kilos de thé par jour et est payée environ 200 roupies  (4 frs). Elle et sa famille sont nourries-logées, la scolarité des enfants est prise en charge ainsi que les éventuels frais médicaux. Le travail est rude et éprouvant, les plantations escarpées et l’ombre absente du tableau. Elles sont pourtant souriantes, nous interpellent, nous envoient de petits signes et nous montrent les gestes à faire, invitant les enfants à s’essayer à la récolte. Nous passons une journée à marcher dans ce décor montagneux, escaladons des sommets et longeons les crêtes qui surplombent les plantations et le village en contrebas. La sérénité du lieu invite à la retraite tranquille.

 

 

La culture indienne riche et multiple, diffère selon les régions, les provinces et le style de vie, rural ou urbain, nomade ou sédentaire. Outre la cuisine, l’habillement, les croyances, etc., l’art traditionnel propre aux différentes régions, propose diverses danses, arts martiaux, musiques et chants.

 

 

 

Aux environs de Munnar, au Punarjani village, nous assistons à deux spectacles traditionnels très impressionnants. Le Kathakali, danse dramaturge classique indienne qui combine musique instrumentale et vocale, danse et mouvements précis des mains et des doigts, littérature relative aux traditions indiennes, costumes et maquillages faciaux élaborés, nous confronte encore une fois à l’ampleur de la culture indienne. Les thèmes représentés traitent des divinités et de leurs histoires, du courroux des dieux et de leur bienveillance, du bien, du mal, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quant au Kalarippayattu, il s’agit d’un ancien art martial traditionnel keralais, connu comme la mère de tous les arts martiaux. Les prouesses acrobatiques et physiques sont remarquables. Chaque mouvement précis et net traduit une maîtrise absolue de l’artiste sur son corps. La bestialité qui s’en dégage est à couper le souffle et la dévotion aux dieux divers sollicités en fonction de l’exercice présenté laisse transparaître l’origine sacralisée de cet art.  Nous sommes subjugués par la complexité artistique rattachée à ces nombreuses croyances et histoires mêlant divinités et hommes. Encore un monde à appréhender…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La route pour rejoindre Madurai dans le Tamil Nadu est vertigineuse et nous voyons la plaine en contrebas se rapprocher lentement. Avec la descente arrive aussi la chaleur qui s’était quelque peu atténuée dans les montagnes. L’arrivée à Madurai est épique. Nous nous engageons dans un sens interdit sans le savoir et là, c’est vraiment l’enfer. Plus d’une heure pour parcourir quelques mètres, les arbres penchés sur la chaussée ne nous permettant pas de frôler les trottoirs pour essayer d’avancer et de se sortir de ce bourbier. Les motos nous collent et nous ne pouvons ni avancer ni reculer sous les regards exaspérés des conducteurs Indiens dont la vertu première est la patience infinie, c’est bien connu. Petit moment de solitude pour nous 4. Nous écorchons méchamment la porte arrière. Un petit souvenir de plus sur la carrosserie de notre maison à roulettes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit à Maduraï sera infernale pour Léna et moi-même sans que nous arrivions à savoir ce que nous avons pu ingurgiter de spécial et au petit matin seuls Philou et Tom iront visiter le temple de Sri Meenakshi et ses 12 gopuram (tour) de 45 à 50 mètres de haut. Le Temple est superbement décoré et peint. Nous sommes vraiment déçues en plus d’être ratatinées comme de vieilles chaussettes. Ce Temple étant pour nous un incontournable, au même titre que le Taj.

 

 

Pondichéry, renommée Puducherry pour correspondre au nom tamoul,  ancienne colonie française est très jolie et son quartier français, un petit havre de paix.

 

 

A quelques kilomètres de la ville est installée la communauté d’Auroville qui nous intrigue. Le concept de liberté et d’échange, basé sur la non-possession et le développement personnel dans un but d’équilibre universel ne peut résumer ni la Charte d’Auroville, ni le rêve de la Mère, mais donne une idée de l’idéologie à la base de l’existence d’Auroville. Nous nous rendons dans le Matrimandir, « symbole vivant  de l’aspiration d’Auroville vers le Divin » dixit la Mère, grande sphère de 26 mètres de haut et 36 de diamètre, recouverte d’or et reposant sur 4 piliers. La chambre intérieure d’un blanc immaculé au centre de laquelle prône La boule de cristal dans laquelle se reflète le ciel et les rayons du soleil réunis en un unique faisceau, est destinée à la méditation et au repos de l’âme. Lorsque nous pénétrons dans le Matrimandir nous ressentons tous les 4 une grande sérénité et un apaisement total. La sérénité ressentie lors de cette méditation d’une vingtaine de minutes nous accompagnera tout au long de ce beau 16 mars…

 

 

Nous arrivons à Mamallapuram ou Mahabalipuram, dernière étape avant le shippement de notre c.c à Chennai.  Cette ville qui fut le port des rois pallava et dont les origines remontent à la nuit des temps, présente une succession de sanctuaires aux temples ciselés dans le granit et dédiés essentiellement à Shiva et Vishnou.

 

 

Nous passons encore quelques jours à Chennai pour préparer le shippement de notre camping car, avec quelques derniers sursauts liés à la désorganisation indienne qui nous sort par les oreilles et nous nous envolons le 25 mars, dernière échéance de notre visa, pour la Malaisie.

 

 

Namasté India,  nous reviendrons un jour, mais jamais en camping car… Enfin, on dit « Ne dis jamais JAMAIS »…

 

 

 

3 réponses à to “INDIA 2”

  • Philippe:

    C’est vraiment superbe, tant le texte que les photos…
    Qui c’est le mec en gris avec un long nez, sous l’éléphant en slip de bain?

  • Laurent:

    OLa, que de superbes photos et un texte, parfois empreint de poésie pour nous commenter ces mêmes photos. Mais y aura-t-il des commentaires suspects sur une certaine photo ? Seul l’avenir nous le dira.
    Bises et bonjour aux pingouins

  • rachel:

    trop belles vos photos….. l’inde me manque quand je vois tous ces sourrirs et couleurs…

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