Bulgarie – 11/09/2010 -

 

Arrivée en Bulgarie par la frontière de Ruse, le… ??? Le temps file, les dates, les jours se mélangent. Bref, c’était en septembre, quelque part sur le calendrier. Nous pensions être arrivés au poste de frontière, mais en fait il s’agissait du contrôle de vignettes…que nous n’avions pas, évidemment. Une forte femme au visage bougon nous demande de payer 150 euros d’amende pour cette vignette que nous avons, il faut l’avouer, oubliée d’acheter. Vu l’état des routes, nous avons quand même une excuse, nous pensions que la vignette n’était destinée qu’à l’utilisation de l’autoroute. Bref, cet hippopotame en furie parle aussi le bulgare, ce qui me donne au moins l’opportunité de baragouiner quelques phrases et d’expliquer qu’à notre entrée dans le pays personne ne nous a avertis qu’il fallait une vignette, etc., etc…Elle hausse le ton, se ferme comme une huître (un hippopotame fermé comme une huître, j’admets que la métaphore n’est pas de qualité), et nous montre qu’elle ne lâchera pas le morceau. Moi non plus. Finalement, c’est son collègue qui abdiquera et qui nous laissera partir pour 20 euros, sans reçu bien sûr. Allez, direction Varna et la mer Noire toujours, mais Bulgare cette fois.


Philippe nous a dégoté un camping bien particulier, dans une espèce de jardin, dans le quartier résidentiel en construction, sur les hauteurs de Varna. 20 minutes de la plage et 30 du centre-ville, mais vue sur la mer. Les plages sont affreusement sales et le reste aussi. C’est un peu la déception et nous nous dirigeons vers le centre-ville et son admirable église orthodoxe. Il fait presque froid, nous avons tous mal au ventre et sommes bien fatigués. C’est avec soulagement que nous retournons dans notre home sweat home nous faire un bon bouillon, un thé et dodo. Le lendemain, nous allons voir les dauphins au delphinarium de la ville et là, nous rencontrons une «classe», avec qui nous pourrons échanger quelques phrases, quelques autocollants et quelques vœux pour notre parchemin.


Nous continuons notre route sans regret, pour aller revoir Nessebar, que nous avions aimée il y a 13 ans déjà et nous réjouissons de faire découvrir la vieille ville blottie sur la presqu’île aux enfants. Malheureusement, l’attrait touristique pour cette ville fait que les magasins de gadgets ont tout recouvert et l’on ne voit même plus les vieilles maisons en bois si typiques. Nous mangeons un morceau avant de décamper en vitesse. La nuit n’étant pas loin, nous trouvons une sorte de couloir-camping mais sympathique où nous nous réveillons, le dimanche matin, sous le bruit des camions, et marteaux piqueurs…Cette fois, c’est sûr, nous désertons la côte et nous enfonçons dans les terres, direction Plovdiv.  Nous redécouvrons sa vieille ville avec plaisir, elle a su rester jolie.

En fin de journée, nous reprenons la route pour trouver le camping qu’une fois de plus, nous ne trouverons pas. Nous roulons et roulons jusqu’à la nuit noire et finalement trouvons un parking d’hôtel qui fera l’affaire, dans le massif des Rodopi.

Le lendemain, nous partons pour Rila et son magnifique monastère via Borovets et une petite rando à cheval pour Léna. Là, joie infinie, nous trouvons un joli camping et nous installons pour passer la fin d’après-midi, tranquilles, avec quelques devoirs pour les enfants et mes exercices d’accordéon qui n’avancent pas, pendant que Philou part à pied pour rejoindre le monastère à quelques 30 minutes de là pour prendre de belles photos. Nous le voyons revenir, content de sa petite marche, mais sans photos vu que la batterie est restée dans le c.c…Du coup, nous repartons tous pour aller voir la nuit se poser sur les toits monastiques et souper dans une petite taverne très sympathique.


En Bulgarie, la langue n’étant plus une (totale) barrière, le contact avec les gens est facilité et nous pouvons vraiment échanger quelques phrases, impressions, histoires. Moi, je me régale, toute fière d’aligner des phrases en petit nègre, qui nous valent beaucoup de sympathie. Nous remontons dans la nuit avec nos lampes frontales, les étoiles filantes et non filantes, ainsi que la Voie lactée comme compagnes. Il est tard, mais la magie du moment enlève toute fatigue à nos deux lascars qui jouent au cheval et galopent sur la route.


Après Rila, nous partons vers Melnik, visiter les caves et goûter le vin dans un décor toujours splendide et intact.

Sur la route direction Melnik, nous passons devant une espèce de musée bric-à-brac invraisemblable et nous arrêtons en bord de route. Il y a là une vraie petite mine d’or : de vieilles voitures, américaines, slovènes, russes…de la vieille Pontiac  à la Renault 16 en passant par la cox, les sides-cars des années ?, des motos par vingtaines anciennes également, des malles, des serpes , des barattes à beurre typiques des campagnes, bref des trucs et des bidules, des objets magnifiques, une centaine de véhicule. Ah oui et encore, des vieilles télés qui ont donné à Philou la nostalgie de sa tv-aquarium, des radios des années 50. Un vrai délire pour nous, les amateurs de belles et vieilles choses que nous sommes. Nous avons eu de la peine à partir, demandé ce qu’il faisait de toutes ces choses, pourquoi il ne les vendait pas et ne faisait pas du commerce avec des brocanteurs, collectionneurs, etc…Nous avons compris que le propriétaire (nous étions avec le gardien des lieux) n’avait pas l’argent nécessaire pour les investissements permettant de pouvoir démarrer une affaire et pas de quoi acheter une sorte de patente pour pouvoir exporter ou vendre ces pièces. Le gardien nous a dit qu’il lui restait deux mois de travail payé et que la suite restait incertaine. Nous lui avons donné quelques leva pour la visite, il nous a offert du raisins et nous avons fini par partir avec deux cartes de visite et quelques idées derrière la tête…que nous allons vite oublier, histoire de continuer notre périple sans trop de projections futures. N’empêche que  l’endroit était vraiment surréaliste.

Pour la galerie photo cliquez sur la Renault 16…la classe;O)

En fait, ce séjour en Bulgarie c’est un peu notre pèlerinage,  13 ans plus tard avec les enfants en plus.

Aux alentours de Melnik, nous dormons sur la place d’un petit village à côté du monastère de Rozenski et passons une chouette soirée dans une taverne au propriétaire jovial, avec qui nous échangeons nos impressions sur la Bulgarie, son constat sur la qualité de la vie qui est toujours difficile pour beaucoup. Demain, c’est la rentrée scolaire et nous parlons école. Il y a cette année en Bulgarie 10’000 enfants en moins pour la rentrée en primaire. Selon notre hôte la difficulté d’aligner les deux bouts serait à l’origine de cette baisse de natalité.

Le lendemain, nous prenons la route pour la Grèce, le vent dans le dos. Il nous fait avancer plus vite que prévu, nous fait dépasser la limitation de vitesse et échanger quelques mots avec un agent de police qui finira par nous souhaiter de belles vacances avec un grand sourire. Sourires et soulagement pour nous aussi.

Bref, à part la côte, la Bulgarie est toujours aussi jolie, les gens toujours aussi sympathiques et c’était un plaisir de la retrouver. Pour les accros de la rando, c’est une destination à ne pas oublier…

Dovijdane Bulgaria et Kalimera, nous arrivons en Grèce.

2 réponses à to “Bulgarie – 11/09/2010 -”

  • laurent:

    Bonjour,

    Tu n’est, peut-être pas, la reine de la métaphore, mais elle tient la route. Manque plus le QI de l’huitre pour qu’elle soit complète.

    En tout cas, j’ai toujours plaisir à vous lire et voir vos photos. Cela me permet de m’évader de la grisaille locale.

    Bonne continuation. Bises à tous.

  • Mais c’est fabulous!
    Pas de nouvelles, bonnes nouvelles!
    Ce n’était pas notre camion garé tout prés du votre en Bulle Gars Riz, mais quelques jours plus tôt nous aurions pu nous rencontrer en Turquie car nous avons passé un mois dans ce merveilleux pays vers Iskenderun et Izmir en passant par Avanos (à voir la Cappadoce!!!) et Istanbul.
    Nous vous souhaitons toutes les rencontres du monde et nous espérons avec les enfants que cette route des voeux soit la plus agréable et pour vous et pour les âmes croisées.
    A bientôt on vous rendra visite sur la toile, aprés les dev.
    Güle güle